La raison du plus fort est toujours la meilleure
Cette maxime, tirée de la morale de la fable Le loup et l’agneau de Jean de la Fontaine, doit être entendue avec beaucoup de prudence. Elle est plus un constat désabusé et amer qu’une sagesse. Ici la force est articulée au meilleur, qui est un superlatif du bien. Or n’est-ce pas confondre encore le moyen et la fin ? La valeur d’un acte ne dépend pas seulement du moyen utilisé, fût-il puissant, mais aussi de l’intention de l’auteur et de la fin effectivement atteinte. Tous les proverbes et adages qui confondent ces trois dimensions de l’acte sont déshumanisants.
Ce qui est douloureux dans cette expression est que le travail de la raison et la quête de vérité qui lui est souvent associée se trouvent emportés non par une raison plus forte mais par la force physique qui peut contraindre par delà toute vérité et toute justice. Ce constat que beaucoup de “petites gens” ont fait dans leur vie faute de posséder la force de l’argent, la connaissance des rouages de la justice et des relations bien placées est plus que réel. Cette maxime pourrait bien nourrir l’idéologie de tous les utilitaristes de notre époque.
Cependant il ne faut pas oublier que celui qui vivrait selon ce principe risque toujours, du moins dans les pays démocratiques, de tomber sur quelqu’un qui saura appliquer la force du droit que la justice ne réserve pas seulement aux puissants. De plus ce type de fonctionnement ne tient pas dans la durée et oblige l’auteur à un nomadisme social.
En effet, lorsque l’on a trompé ou usé de force au-delà de toute raison, on a peut-être gagné une partie mais il faut souvent se faire oublier sous peine de prendre un retour de bâton.
Les commerçants savent bien que leur habileté à vanter leur marchandise pourrait leur faire vendre n’importe quoi ou presque. Mais ils ne vendraient pas deux fois au même client. En revanche, ceux qui auront donné la primauté à la qualité des informations, à un vrai travail de la raison sur de bons produits, auront toutes les chances non seulement de conserver leur clientèle mais de l’accroître. Ceci manifeste donc, qu’à long terme, la raison du plus fort est rarement la meilleure !

Évêque de Séez, ancien équipier de PSN.
- Qui aime bien, châtie bien
- Les petits ruisseaux font les grandes rivières
- Le mieux est l’ennemi du bien
- Vivre d’amour et d’eau fraîche
- Charité bien ordonnée commence par soi-même
- Il n’y a pas de fumée sans feu
- Petit à petit l’oiseau fait son nid
- La paresse est la mère de tous les vices
- Toute vérité n’est pas bonne à dire
- Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre
- À l’impossible, nul n’est tenu
- L’enfer est pavé de bonnes intentions
- La faim fait sortir le loup du bois
- Les conseilleurs ne sont pas les payeurs
- Bien mal acquis ne profite jamais
- La fin ne justifie pas les moyens
- Avant d’enlever la paille de l’œil de ton voisin, retire la poutre qui est dans le tien
- L’argent ne fait pas le bonheur
- La curiosité est un vilain défaut
- On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs
- Faute avouée est à moitié pardonnée
- L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
- Quand le chat est parti les souris dansent
- Nul grand homme pour son valet
- La raison du plus fort est toujours la meilleure
- Chacun voit midi à sa porte
- L’herbe du pré d’à-côté est toujours plus verte
- Qui trop embrasse, mal étreint