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Les lieux et la décoration

Le chapitre V de la Présentation générale du Missel romain (PGMR) est consacré à « la disposition et à la décoration des églises pour la célébration de l’eucharistie ». Après deux citations rappelant les principes généraux, nous résumerons ou commenterons quelques points particuliers.

« L’ornementation de l’église doit viser à une noble simplicité plutôt qu’à un luxe pompeux. Pour choisir les éléments concourant à sa beauté, on aura souci de la vérité des choses et l’on cherchera à assurer l’éducation des fidèles et la dignité de tout le lieu sacré » (PGMR n° 279).

« On s’efforcera sérieusement d’observer les exigences de l’art même pour les objets de moindre importance, dans lesquels une noble simplicité s’associera toujours à la propreté » (PGMR n° 312).

L’autel

Il est normalement fixe (mais il y a aussi des autels mobiles), et doit être fait de matières nobles et solides (cf. PGMR n° 259 à 267). Il est à la fois autel, c’est-à-dire lieu où est sacramentellement rendu présent le sacrifice de la croix, et table du repas du Seigneur. Le prêtre ne doit donc s’y tenir que de la présentation des dons à la communion ; on n’y dépose que ce qui servira à l’eucharistie, et seulement à partir de l’apport par les fidèles du pain et du vin. Les chandeliers peuvent être sur l’autel ou, mieux, autour de lui, si le lieu le permet.

Le siège de présidence

Nous en avons déjà parlé (1). Rappelons seulement que c’est le lieu où se tient, debout ou assis, le prêtre qui préside l’assemblée sauf, d’une part, lorsqu’il proclame l’évangile et fait l’homélie, et, d’autre part, durant la liturgie eucharistique de la présentation des dons à la communion. Ce lieu doit donc avoir, si c’est nécessaire, son propre micro et un petit pupitre sauf si un servant de messe présente le Missel.

L’ambon

C’est le lieu d’où est proclamée la parole de Dieu, mais d’où l’on peut aussi faire l’homélie et la prière universelle et seulement cela ; c’est dire que l’on n’y fait pas l’animation des chants ou les annonces. Par respect de cette parole de Dieu, l’ambon doit être stable et non un simple pupitre déplaçable à volonté. Ajoutons que, dans le cas d’une restauration du choeur (sanctuaire), on veillera à ce qu’il y ait une unité de style, si ce n’est de matière, entre ces trois lieux : autel, siège et ambon. A cet effet, il convient de consulter la Commission diocésaine d’art sacré.

Le lieu de l’animation

Après ce que nous avons dit de l’animation du chant (2), on peut se risquer à dire que si l’animateur doit se tenir en un lieu précis, il n’est pas évident - sauf peut-être pour de très grandes assemblées - qu’il ait besoin d’un pupitre. Il suffit qu’il tienne sa partition d’une main tout en faisant un geste de l’autre, s’il est nécessaire qu’il en fasse.

Les fleurs

La PGMR ne parle pas des fleurs mais elles font partie de la décoration au sens noble de ce terme. Par elles, la création est associée à la louange, c’est pourquoi les fleurs doivent parler pour elles-mêmes : elles ne sont pas un langage codé pour transmettre un message. Rappelons encore qu’il peut être bon de varier les lieux fleuris en veillant à ne pas masquer ni gêner l’accès à l’ambon ou à l’autel (y compris par-devant) qui restent les éléments essentiels que les fleurs ont alors pour rôle de souligner et de mettre en valeur.

Les affiches, panneaux et banderoles

La PGMR n’en parle pas non plus, mais c’est une coutume qui s’amplifie que d’utiliser affiches, panneaux ou banderoles pour marquer une circonstance particulière. D’abord, il est indispensable que les objets aient une réelle qualité artistique. Ensuite, il n’est pas évident que cette décoration doive être dans le chœur, d’autant que celui-ci est souvent d’un style marqué et comporte souvent des œuvres d’art. On préférera alors la disposer sur un pilier ou à l’entrée de l’église en veillant à ce que celle-ci ne soit pas trop chargée.

Pour que le sens de l’autel puisse être saisi, il n’est pas opportun de le transformer en support de panneau ou de décoration. On le dira même des panneaux faits par des enfants. On comprend très bien qu’ils soient honorés et donc placés à un endroit bien visible... mais pas devant l’autel ou l’ambon : ceux-ci sont là pour désigner l’action qui s’y déploie : l’action de grâce du Christ à jamais vivant ; la parole de Dieu manifestée par le Christ vivant.

A propos des panneaux faits par les enfants, on peut ajouter que ceux-ci doivent être des moyens pour leur permettre d’entrer dans la rencontre du Christ qui les conduit au Père. Il n’est pas évident que ces panneaux remplissent bien ce rôle lorsqu’ils sont placés devant les enfants, tel un miroir qui les renvoie à ce qu’ils sont.

Quant aux icônes, il faut rappeler qu’elles sont beaucoup plus que de simples représentations dans les liturgies orientales ; elles manifestent la présence même du Christ et des saints au cœur de l’assemblée, unissant la liturgie terrestre (notre célébration) à la liturgie céleste. Il ne faudrait pas les réduire à n’être que des objets décoratifs, même pour accompagner la prière. Ce serait contraire à la démarche œcuménique à laquelle nous sommes tous invités ; il nous faut d’abord respecter profondément nos frères d’Orient et leurs pratiques cultuelles.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/11/2021
1ère public.: 30/11/1999