3e dimanche du temps ordinaire A

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

1. « Jésus quitta Nazareth et vint habiter Capharnaüm. » La phrase est courte, anodine, une brève en quelque sorte. Pourtant, à y voir de plus près, elle dit beaucoup plus. Jésus quitte “son village” pour se rendre à 50 km plus au nord, à Capharnaüm, un village de pêcheurs, au bord du lac de Galilée, non loin de la frontière du pays des païens. Pourtant, Jésus ne connaît rien à la pêche. Mais ce village est situé à l’entrée de l’étroite bande de terre, la Palestine, reliant l’Assyrie au nord à l’Égypte au sud, terre tant convoitée par l’un et l’autre. C’est par là que transitaient leurs nombreuses caravanes marchandes. Pour ceux de Jérusalem, Capharnaüm était surnommée « Galilée des nations » « Carrefour des païens ». Ce n’était pas un éloge. Le fait de commercer avec les païens, d’échanger leurs monnaies, leurs marchandises avec eux, mettaient les commerçants du pays en état d’impureté rituelle. Un premier enseignement de Jésus y est sous-jacent : la Bonne Nouvelle est pour tous, à commencer par ceux qu’on met de côté. Jésus allait donc parcourir cette région par terre comme par mer qui permettait de se rendre plus vite dans des villages païens sur d’autres rives.

2. C’est donc à ce « Carrefour des nations » qu’a lieu l’appel des quatre premiers disciples : Simon, appelé Pierre, son frère, André, les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean. Tous y vivaient de la pêche. Le récit poursuit que, laissant tout là, barques et filets et même un père, les quatre premiers à être appelés suivirent immédiatement cet inconnu. On est surpris de cette spontanéité. Il y a lieu d’y voir la première réponse à une exigence de Jésus, celle de l’engagement à le suivre, dans l’immédiateté, sans restriction. Ce que ne fit pas ce jeune homme appelé et qui a dit non « parce qu’il avait de grands biens ». Enfin, cette mer aux tempêtes redoutées offrira à Jésus l’occasion d’appeler ses disciples à la confiance : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? »

3. La Bonne Nouvelle pour tous, aux plus petits d’abord, l’appel à l’engagement, à la confiance, tels sont les enseignements déjà présents dans l’appel aux pêcheurs du lac à Capharnaüm. Ils leur seront renouvelés tout au long de leur cheminement avec lui. « Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière n’est d’aucune utilité pour le Royaume de Dieu. » « N’ayez pas peur » est le leitmotiv de tout l’évangile. Les apôtres, Paul plus que tous, en auront besoin par la suite. Nous aussi. La confiance « du bout des lèvres », le « oui mais », Jésus n’en veut pas. Nous non plus si nous voulons faire comme lui. A condition de nous souvenir de lui lorsque des événements nous tenteront de l’oublier. Le regarder, là est la clé qui permet de sortir de notre enfermement et mettre sa lumière dans le trop souvent triste quotidien de nos jours. Même dans les plus difficiles.

4. Jacques Fesch fut condamné à mort en 1957 pour un vol à main armée suivi du meurtre d’un policier. Pendant les trois années de sa détention, son avocat entretient avec lui de longues conversations sur la souffrance, le châtiment, la pénitence et de la rédemption. Sa mère, très croyante aussi, lui envoie un ouvrage de vulgarisation sur les apparitions de la Vierge à Fatima. Pour lui c’est une révélation. Il écrit : « À la racine du mal, de tout mal, se cache le péché. Le péché, c’est le refus de l’amour. » Il correspond abondamment avec un jeune moine et leurs lettres seront publiées ultérieurement sous les titres « Lumières sur l’échafaud » et « Cellule 18 ». A la veille de son exécution, il passe ses derniers instants à écrire à sa belle-mère, son avocat, à sa femme qu’il vient d’épouser religieusement. « Dans cinq heures je verrai Jésus, qu’il est bon, notre Seigneur. » Son histoire sera l’objet de nombreuses publications, pièces de théâtre, documents télévisés. En 1987, le cardinal Lustiger a demandé l’ouverture d’un procès de béatification. Il a été ouvert en 2024.

Méditation

« Venez, suivez-moi » as-tu dit Seigneur
A ces petits pêcheurs de la mer de Galilée
Qui, sur la rive, réparaient leurs filets
Et t’ont suivi sans même demander où tu allais.

Quelle lumière tes yeux reflétaient-ils,
Pour les attirer comme par envoûtement ?
Sur quelle de tes paroles se décidèrent-ils,
Pour qu’ils te suivent si promptement ?

Ton visage brillait d’une autre lumière
Que celle des enfants de la terre.
En ta voix, résonnait un autre appel
Que ceux de leur monde charnel.

Seigneur, donne-moi de te voir
Debout, dans le silence de ton amour,
Pour que je puisse, à mon tour,
Répondre oui à tout ton vouloir.

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Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.

Publié: 25/01/2026