4e dimanche de Pâques
« Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. »
1. Les évangiles ont ceci de remarquable et qu’on ne trouve dans aucune autre tradition religieuse : l’enseignement de Jésus part toujours d’une observation de ce que la nature donne à voir, du vécu par les gens de son temps. Signes visibles d’une incarnation inimaginable. Aujourd’hui, à 6 reprises en 5 versets, Jésus se présente comme un pasteur, un bon pasteur. Les bergers et leurs troupeaux ne se voient plus guère dans nos campagnes, à part dans quelques reliefs montagneux. En Palestine, à l’époque, la silhouette du berger était familière pour ce peuple d’origine nomade. Et lorsqu’on sait combien les pâturages pouvaient y être pauvres, les distance à parcourir importantes, rudes ces collines de Judée, sous un soleil toujours implacable, il apparaît bien que le berger dut être très près de son troupeau tant il risquait de se perdre, de tout perdre, attaqué par les pillards ou les bêtes sauvages. Toute la vie du troupeau dépendait de son guide : c’est le berger qui sait les chemins, qui sait les pâturages, qui sait les dangers. Les petites gens faisaient eux-mêmes paître les quelques bêtes qui leur appartenaient. Mais les riches propriétaires avaient recours à des bergers qu’ils payaient pour cela. Ces mercenaires étaient bien mal considérés pourtant, parce qu’on les soupçonnait de détourner des agneaux à leur profit ou de faire paître les troupeaux sur des pâturages ailleurs que permis ou de les négliger. Jésus a observé cela pour nous dire quelque chose de lui en regard de qu’il reprochait aux chefs religieux de son temps, plus attachés à faire respecter les traditions cultuelles que d’être des guides proches des croyants.
2. En son temps, les croyants juifs s’adressaient à Dieu de la manière que leur avaient enseignée les anciens, les commandements de Moïse et des prophètes. Avec beaucoup de « crainte », non pas la peur mais le respect. Moïse devait se voiler la face lorsqu’il s’approchait de Dieu au Sinaï. Isaïe doit sa vocation a un ordre lors d’une vision qui l’a terrifié. Pour eux, Dieu n’a pas de visage visible, pas de parole audible, ni de nom à prononcer. En deux versets seulement Jésus se dit être la voix à écouter, le nom à prononcer par ceux dont lui-même connait le nom. On est ici au plus intime de la relation qu’il dit être sienne et qu’il demande de ressentir. Pour lui, il n’y a pas d’un côté le berger et d’autre part un troupeau, mais il se dit le berger de chacune des brebis dont il connaît le nom, prêt à partir à la recherche de la seule qui se serait perdue. Il était parti à la recherche des disciples d’Emmaüs et lorsque ceux s’en rendirent compte, leur cœur était devenu brûlant. Jésus, parti à notre recherche, voilà ce qui doit nous toucher, nous donner à méditer.
3. Certes nous n’avons pas dans les yeux sa silhouette comme ses disciples de Galilée. Nous n’avons pas dans les oreilles le son de sa voix à laquelle Marie Madeleine le reconnut au jardin de la Résurrection. Mais l’évocation de son seul nom doit faire surgir dans notre cœur une présence bien plus prégnante qu’une image pieuse. Ressentir sa présence nous fera aller bien plus loin qu’une admiration à distance. Prenons à la lettre sa dernière parole aux disciples avant de les quitter : « Je demeure avec vous jusqu’à la fin des siècles. » Guillaume de Saint-Thierry, un ami de saint Bernard, se désolait de ne pas en être : « Où es-tu, Seigneur, où es-tu ? Et où, Seigneur, n’es-tu pas ? Je suis certain qu’ici, maintenant, tu es avec moi. Mais puisque tu es avec moi, pourquoi ne suis-je pas avec toi ? » Dans les flammes de son bûcher, « Jésus » fut l’ultime parole de Jeanne d’Arc. Bouleversant !
Seigneur, tu vois combien nous nous sentons loin de toi, combien tu attends que nous entendions ta voix. Pour cela, nous te prions !

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.
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