Pentecôte
1. La résurrection de Jésus s’était faite dans la plus grande discrétion, sans aucun témoin. Quelques-uns des Apôtres et Marie Madeleine la première, avaient bien dit l’avoir vu vivant. N’empêche qu’ils s’étaient tus et même enfermés dans le cénacle « portes verrouillées par crainte des Juifs » écrit Jean .
L’évangéliste Luc, d’origine grecque, l’un des premiers convertis, nous raconte autre chose dans les Actes des Apôtres. Avec des symboles forts. Le vent d’abord, souffle de Dieu dans la tradition biblique, qui emporte tout en parcourant l’espace. Le feu ensuite, qui embrase tout ce qu’il rencontre. Les foules enfin, venues de tout l’empire romain pour signifier l’amplitude de l’événement, en ce jour de la Pentecôte juive.
2. La Pentecôte juive était, est toujours, le jour du « Merci ». Remercier Dieu pour tous ses dons : celui de la terre d’abord, le don de l’Alliance ensuite, le don des promesses enfin. Un regard sur le passé pour rappeler au croyant de se souvenir de la générosité divine. La Pentecôte chrétienne a un autre dimension, celle d’un projet pour le futur, d’une mission. Selon la tradition juive, il n’est pas possible de faire du prosélytisme, la descendance maternelle étant le seul critère d’appartenance au « Peuple Elu ». La religion chrétienne, à l’opposé, commence par « Allez, faites des disciples dans le monde entier » . Paul écrit aux chrétiens de Colosses : « Il n’y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous. »
3. Rome, Antioche en Syrie, Éphèse en Asie Mineure, Alexandrie en Egypte, les plus grandes villes de l’empire romain furent touchées en premier. La Perse, l’Ethiopie suivirent rapidement. Alors que la religion romaine, comme toutes les religions antiques, engageait à se prémunir de la colère des dieux, l’évangile invite au dialogue comme peuvent avoir les enfants avec leurs parents. Dieu n’est plus inaccessible, il est Père.
4. L’enthousiasme des Apôtres, ce jour de Pentecôte, est frappant. De confinés par la peur par crainte des Juifs, ils passent à l’affrontement avec ceux qu’ils craignaient. Dans un long discours, rapporté par Luc dans son histoire des Actes de Apôtres, Pierre, le premier des apôtres, n’y va pas de main morte : « Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. » Quelques années plus tard, Paul écrira aux chrétiens de la jeune Eglise de Corinthe : « Malheur à moi si je n’annonce pas la Bonne Nouvelle. »
5. Il nous faut retrouver cet enthousiasme, cette joie de la foi qui ont été ceux des Apôtres et qu’on dit perdus. Un mystique rhénan, le dominicain Henri Suso, écrivait déjà en 1330 : « Hélas, à l’époque actuelle, alors que le monde vieillit, cet amour divin s’est refroidi dans de nombreux cœurs et qu’il s’en trouve peu qui cherche le feu d’une nouvelle grâce. » Pas si simple, pas si facile, il est vrai, de retrouver cette joie dans la foi lorsque l’on se trouve dans l’épreuve, la sienne, celles de l’Eglise aussi, devant ceux qui disent : « Voyez comme les chrétiens sont divisés dans leurs manières de dire la Bonne Nouvelle et se sont combattus et se combattent toujours. » D’autres disent l’Eglise ringarde parce qu’elle n’a pas pris et ne prend pas les chemins qui, aux yeux de beaucoup, les privent de liberté. Mais jamais il ne faut oublier que le cœur de notre foi, ce n’est pas l’Eglise mais le Christ. Odette Vercruysse qui fut infirmière à Nancy nous interroge dans ce titre qui peut l’objet d’une méditation : « Alors qu’avez-vous fait de lui ? » (Cantique Je cherche le visage du Seigneur)
Seigneur, tu es bien meurtri par notre indifférence et les scandales qui, dans le secret et le silence, te défigurent. Nous sentons bien impuissants sauf à en pleurer. Aide-nous à garder la fidélité à ton nom et l’enthousiasme des Apôtres qu’aucune épreuve ne laissa sans voix.
Méditation
Seigneur,
Comme une coupe vide nous te présentons
Notre cœur fatigué de ne pas savoir aimer assez,
Notre esprit embrouillé par de fausses vérités,
Notre âme que nous ne savons pas te présenter
Pour que tu y dépose les sept fleurs de l’Esprit.
Celle de la Sagesse qui nous fait entrer dans ta maison,
Celle de la Science qui reconnaît ta beauté dans la création,
Celle de l’Intelligence des Ecritures pour y lire ton œuvre ,
Celle du Conseil pour le discernement à nos pas perdus,
Celle de la Force qui donne au pèlerin la persévérance,
Celle de la Piété qui met à genoux dans la révérence,
Celle de la Crainte de manquer de te célébrer avec honneur.
Seigneur, envoie sur nous ton Esprit
Pour que ces fleurs produisent tous leurs fruits.

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.
- 3e dimanche de Carême
- 6e dimanche du temps ordinaire A
- 1er dimanche de Carême
- 2e dimanche du temps ordinaire A
- 5e dimanche de Carême
- 3e dimanche du temps ordinaire A
- 1er dimanche de l’Avent
- Dimanche des Rameaux
- 2e dimanche de Carême
- 6e dimanche de Pâques - Ascension
- 3e dimanche de l’Avent
- 7e dimanche de Pâques
- 4e dimanche du temps ordinaire A
- 5e dimanche du temps ordinaire A
- 4e dimanche de Carême
- Noël - Messe de la nuit
- 2e dimanche de l’Avent
- Epiphanie
- Dimanche de la Divine Miséricorde
- 5e dimanche de Pâques
- 3e dimanche de Pâques
- Baptême du Seigneur
- 4e dimanche de Pâques
- Dimanche de Pâques
- 4e dimanche de l’Avent

https://portstnicolas.org/article6294