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1er dimanche de l’Avent

1. Les événements actuels nous font penser que la planète terre et ses habitants vont vers la catastrophe la plus définitive qui soit, celle de leurs disparitions. Les forêts sont déforestées, les pollutions grimpent, les sécheresses et les inondations se font sinistres, la planète est incendiée par les conflits qui se renouvellent sans trêve, les dictateurs se moquent de tous les appels que leur adressent ceux-là mêmes qui ne parviennent pas à s’entendre. On a programmé des limites à la température dont on dit déjà qu’on ne pourra pas les tenir. Une fin du monde en marche, pourrait-on dire. Elle inquiète aujourd’hui et inquiétera davantage les générations futures. Pas à l’époque de Jésus. Certes il en utilise les termes, une manière parler et d’écrire très prisée à l’époque de la rédaction des évangiles, confortée par la destruction du temple et la fin de la nation juive mais pour en faire émerger des appels : « Redressez-vous, redressez la tête, car votre rédemption approche. »

2. De quelle rédemption nous parle-t-il alors que tant de signes nous annoncent une destruction ? La dernière ligne importe plus que toutes les autres : « Redressez-vous, relevez la tête. Ainsi vous aurez la force de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » Le Fils de l’homme, celui-là même dont la disparition du monde doit annoncer la venue. On voit bien derrière ces mots la victoire du Christ sur la mort. Il a vécu sa mort humaine à la manière d’un cataclysme. Mais au jour de leur rencontre avec Jésus Vivant, les apôtres ont vu surgir de la mort une vie venue des nuées de l’ailleurs. D’avoir vu le Christ vivant leur a donné de suivre un autre chemin que celui de la désolation. Le monde des hommes s’en va à la ruine, pas le monde de Dieu. Ne nous trompons pas. Jésus ne parlait pas d’un avenir lointain qu’on devrait attendre dans la crainte et la peur. « Redressez-vous, relevez la tête » sont des injonctions pour le présent.

3. Le journal La Croix de vendredi dernier rapportait le témoignage d’une pasteure de Paris. « J’ai vécu à l’âge de 40 ans un séisme sur le plan personnel, avec l’expérience d’un divorce. Tout ce sur quoi j’avais bâti ma vie s’effondrait. Pourtant tout allait si bien. J’avais l’impression d’avoir construit un couple beau, solide, durable et une vie de famille épanouie avec nos trois enfants. Et je n’ai rien vu venir. J’ai vécu cette séparation comme une violence extrême. C’est comme si le plancher se dérobait sous moi. Je me retrouvais face à deux options : soit je m’effondrais à mon tour, soit je relevais la tête en me repositionnant en Dieu. Face à ce tremblement de terre, est-ce que j’allais regarder le gouffre m’engloutir ou lever les yeux vers le ciel ? J’ai le souvenir des moments de prière. Un moment clé fut la lecture d’un verset du psaume 117 : “Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur.” J’ai su que le Christ serait toujours à mes côtés. Ce que je suis, ce que je vis compte à ses yeux ».

4. Le premier dimanche de l’Avent nous fait entrer dans une nouvelle année liturgique. Prenons le temps de l’Avent comme celui d’un nouveau départ. Les nuits se font plus longues mais nous savons que le retour ascendant du soleil au solstice d’hiver est proche. Nous voyons au loin la célébration joyeuse de l’événement qui a fait lever un autre soleil. Pourtant le temps de l’Avent ne peut se réduire à un temps d’attente passive. Pour rendre la fête plus belle, nous voyons combien on s’active : les magasins débordent de propositions festives, les maisons de décorations. Qu’il en soit ainsi de notre foi. Cherchons à la faire sortir de la routine. Demandons-nous ce que nous pouvons faire « nouveau ». Nouveau dans notre manière de croire, de prier, nouveau dans nos manières de vivre les uns avec les autres, en famille, dans nos lieux de travail et bien ailleurs. Nous avons ce temps de l’Avent pour cela. Nous verrons qu’il ne faut pas chercher bien loin pour trouver ce que nous pouvons faire de nouveau. A condition de faire le premier pas, celui du vouloir.

Seigneur réveille-moi si je m’endors dans la routine, relève-moi si je tombe de découragement, pousse-moi à sortir de mon chez moi, et surtout, appelle-moi si je t’oublie de te regarder.

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Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.

(re)publié: 28/11/2021