23e dimanche du temps ordinaire - A

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle APERTUS (Écoles fédérales polytechniques de Lausanne et Zurich, Suisse), d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

1. Tout n’allait pas dans le meilleur des mondes dans les premières communautés chrétiennes du temps de Paul. Il intervient à maintes reprises pour régler des différends. L’évangéliste Matthieu rappelle ici la consigne de Jésus. « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Eglise ; s’il refuse encore d’écouter l’Eglise, considère-le comme un païen ou un publicain. » Telle est la procédure mise en place dans les jeunes communautés chrétiennes des années 70 pour régler leurs différends.

2. Ce qui frappe d’abord dans cette procédure appelée « correction fraternelle », ce sont les étapes par lesquelles elle demande de passer : seul à seul d’abord, avec des témoins ensuite, la communauté enfin. En cas d’échec, il faudra considérer que l’offensé n’a pas encore assimilé les conditions d’une vie fraternelle au sein de la communauté, sans le condamner pour autant. Le dialogue, puis la médiation au lieu de l’affrontement. Rien de plus raisonnable. La consigne commence tout de même, singulièrement, par demander à l’offensé d’aller vers son offenseur. Ce n’est pas dans l’ordre des choses, de nos manières. N’est-ce pas à l’offenseur de faire le premier pas ? En toute justice. Mais pour Jésus ce n’est pas une option. Il le redira : « Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. » Aux antipodes de la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent.

3. Mettre en pratique ce commandement nous est difficile. Offensés, nous sommes naturellement plus enclins à la riposte verbale qu’au dialogue. Jésus est exigeant et nous sommes tentés de nous décourager et même de nous culpabiliser pour ne pas pouvoir suivre sa consigne. Jésus savait ce qu’il y dans l’homme et lui dit aussi qu’il n’est pas venu pour condamner mais pour sauver. Il nous propose un chemin à suivre, un idéal à se donner. A son exemple. Lui-même fut traité de faux prophète, de glouton, d’ivrogne. Il fut chassé sans ménagement de la synagogue de Nazareth par ses propres concitoyens. Il en fut peiné. Mais son attitude et son message ne changèrent point : « Moi, je vous dis : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. » Ce qu’il faisait lui-même. Si nous ne pouvons le faire de par nous-mêmes, faisons-le avec et par lui !

4. Une vieille légende amérindienne raconte : « Un soir, un vieil indien Cherokee raconta à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe en chacun de nous. Il lui parla ainsi : “Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.
L’un est mauvais : c’est la colère, la haine, la méchanceté, la brutalité, l’indifférence, la jalousie, la tristesse, la peur, l’avidité, l’arrogance, le mensonge et l’ego.
L’autre est bon : c’est la joie, la paix, l’amour, le courage, la bravoure, la gratitude, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la patience et l’humilité.”
Le petit-fils songea à cette histoire pendant un instant, puis demanda à son grand-père : « Lequel des deux loups gagne ? »
Le vieux Cherokee répondit simplement : « Celui que tu nourris. »


Méditation

Prière d’un déporté juif avant sa mort. Elle a été retrouvée par un soldat américain, au moment de la libération d’un camp, écrite sur du papier d’emballage :

« Seigneur, quand tu reviendras dans la gloire, ne te souviens pas seulement des hommes de bonne volonté. Souviens-toi également des hommes de mauvaise volonté.
Mais ne te souviens pas alors de leurs cruautés, de leurs sévices, de leurs violences.
Souviens-toi plutôt des fruits que nous avons portés à cause de ce qu’ils ont fait.
Souviens-toi de la patience des uns, du courage des autres, de l’humilité, de la grandeur d’âme, de la fidélité qu’ils ont réveillés en nous.

Et fais, Seigneur, que ces fruits que nous avons portés soient un jour leur rédemption. »

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Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.

Publié: 06/09/2026