Chair
Après y avoir trop longtemps vu la vile enveloppe corporelle de notre âme immortelle, l’instrument indocile qu’il convient de mater par l’ascèse et même le lieu par excellence du péché - en témoignent tous les développements des anciens manuels des confesseurs sur « le péché de la chair » et la « concupiscence de la chair » -, l’Église renoue avec une vision plus biblique, plus chrétienne et, pour tout dire, plus saine de cette réalité façonnée par Dieu lui-même et appelée à participer à la résurrection.
Dans l’Écriture, en effet, le mot « chair » n’a le plus souvent aucune connotation négative. Il désigne l’être humain dans sa totalité, en temps qu’il est fragile et mortel (Is 40,6-8). Quant à la théologie chrétienne, avant d’affirmer sa foi en la résurrection de la chair, elle médite sur le grand mystère de l’Incarnation : Dieu en Jésus ne craint pas de prendre chair (Jn 1,14)... et même de faire bonne chère (Mt 11,19) !

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