Avec vous, Marie de la Pentecôte, l’espérance d’une Eglise aimante

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

Bonsoir Marie,
Bonsoir chère Notre Dame du Saint-Cordon,

Nous vous avons laissée hier soir près du tombeau de votre fils assassiné par la barbarie des hommes. Curieusement, dans les 4 évangiles, personne ne parle de vous au soir et au lendemain de ce vendredi épouvantable. Certes, c’était le sabbat. Il ne fallait pas trainer. Où êtes vous allée après la mise au tombeau ? Où avez-vous passé la nuit puis la journée sacrée du sabbat ? Etes-vous venue le dimanche matin avec Marie Madeleine qui était à vos côtés au Golgotha ? Plus surprenant encore, aucune trace écrite de votre présence au matin de l’incroyable nouvelle de Pâques. Or les évangélistes ne parlent que des apparitions de Jésus ressuscité à Marie Madeleine, puis aux Apôtres enfermés et ensuite aux deux disciples d’Emmaüs !
Où étiez vous donc, Marie ? En toute logique, on s’attendait à ce que la première apparition du Ressuscité soit pour vous ! J’ose penser que, de la même manière, nous ne savons rien de votre vie à Nazareth trente ans durant, nous ne saurons rien de ce qui s’est vécu le matin de Pâques entre vous et votre fils revenu à la vie. Je suis convaincu qu’il est venu à votre rencontre et que personne ne l’a su parce que vous avez gardé le secret. Qu’elles ont du être émouvantes, vos retrouvailles improbables ! Elles étaient trop intimes pour être racontées et mises par écrit. Il y a des intimités telles qu’elles réclament de la pudeur et ne peuvent pas être partagées d’aucune manière.
Nous respecterons donc votre intimité du matin de Pâques, Notre-Dame et nous attendrons 50 jours pour que l’on reparle de vous dans les Ecritures Saintes.

Si vous le voulez bien, Notre-Dame, évoquons quelques instants les premiers témoins de la résurrection : Marie Madeleine présente avec vous depuis sa rencontre avec Celui qui l’avait libérée de 7 démons et lui avait rendu sa dignité ! Et puis les disciples d’Emmaüs qui faisaient sans doute partie de vos plus proches. Nous connaissons le nom d’un de ces deux disciples, Cléophas. Le second, il a peut-être notre prénom. Avec Cléophas, nous cheminons… Ces disciples avaient été éblouis par Jésus et le message de l’évangile, mais l’épreuve de la Croix les avait dispersés, apeurés, déçus.
Et pourtant, lorsqu’ils le reconnaissent vivant au matin et au soir de Pâques, Marie Madeleine d’une part, Cléophas et son compagnon d’autre part, veulent étreindre et retenir leur compagnon de route revenu à la vie… « Ne me retiens pas », dit il à Marie Madeleine. Et, à Emmaüs, au moment où les disciples le reconnaissent à la fraction du pain, Jésus disparait à leurs yeux… Vierge Marie, chaque eucharistie renouvelle en nous l’expérience pascale de Marie Madeleine et des deux disciples d’Emmaüs. Comme Cléophas et son compagnon, il nous arrive de douter, de nous sentir écrasés par des croix trop lourdes, de nous laisser accabler par des vents contraires. On pourrait être tenté de déserter et de rentrer chez soi. Mais, comme Marie Madeleine, comme les disciples d’Emmaüs, le partage de la Parole et la fraction du pain nous ressuscitent à la vraie vie, la vie de Jésus que vous avez mis au monde pour notre salut.

Oui, si la Pâque de Jésus n’entraîne pas notre Pâque à nous, alors nous resterons prisonniers de la mort. Notre-Dame du Saint-Cordon, si la semaine que nous vivons avec vous ne provoque pas notre conversion et ne porte pas des fruits pour l’évangélisation de notre ville, de notre agglomération, alors notre neuvaine risque de ne rester qu’un beau souvenir sans lendemain. C’est pour cela que nous avons besoin du Saint-Esprit qui vous a fécondée.

Du livre des Actes des Apôtres, chapitre 1
(après l’Ascension de Jésus) les disciples retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Enfin vous revoilà, Marie, dans ce récit de St Luc qui nous présente la communauté des Apôtres en attente de l’Esprit promis par Jésus. Après l’Ascension qui a eu lieu au mont des Oliviers, le groupe retourne à Jérusalem, la ville sainte, lieu de la passion et de la résurrection, qui marque la continuité entre l’histoire de Jésus et l’histoire des Apôtres.

La liste des Apôtres correspond bien au collège des 12 mais sans Judas ; et vous êtes là, Vierge Marie, avec quelques autres femmes, et les frères de Jésus. Luc tient à souligner que, dès l’origine, le noyau de l’Eglise était fait d’hommes et de femmes, toutes fidélités confondues. Selon saint Luc, des femmes accompagnaient toujours Jésus, comme nous l’avons entendu dans l’évangile de ce vendredi.

Notre-Dame, c’est alors que vous êtes réunis tous ensemble que l’Esprit Saint descend sur vous avec des signes qui, dans l’Ancien Testament, annoncent la présence de Dieu : du vent, du feu. C’est la nouvelle Pentecôte qui préfigure la mondialisation de l’évangile.
Oui, Vierge Marie, l’Esprit Saint vient visiter les Apôtres comme il avait visité votre sein. La porte de votre cœur était ouverte et a permis au souffle de s’engouffrer en vous pour qu’il s’incarne. Tel un parfum, l’Esprit avait envahi votre demeure. Et voilà que, 33 ans plus tard, cette visite de l’Esprit Saint est partagée à tous ceux qui veulent suivre Jésus ! Cet Esprit qui ne cesse de souffler depuis 20 siècles, comme ce fut le cas pour vous à l’Annonciation ! Quelle joie de pouvoir recevoir ce souffle !

Nous savons, Vierge Marie, que l’Esprit Saint est l’artisan principal de la vie chrétienne. Jésus disait à ses Apôtres avant de les quitter : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » Comme vous, Marie, nous recevons cette « vérité tout entière » que l’Esprit Saint déploie tout au long de l’Histoire de l’Église. Nous recevons par l’Esprit des dons ordinaires comme le service ou l’exhortation par exemple, mais aussi des dons extraordinaires : St Paul le rappelle aux chrétiens de Corinthe : «  À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien… c’est l’unique et même Esprit qui distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. » Nous recevons aussi par l’Esprit, « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi », ces fruits de l’Esprit que St Paul énumère dans sa lettre aux Galates.
Marie, vous que ce Saint-Esprit a couvert de son ombre au jour de l’Annonciation, vous êtes regardée comme l’Epouse du Saint-Esprit. Ce soir, vous nous aidez à l’accueillir pour nous laisser guider par Lui. Saint François d’Assise vous invoquait sous ce beau vocable d’« épouse du Saint-Esprit » dans l’Office de la Passion du Seigneur. Vierge Marie, vous prendre comme maîtresse de vie spirituelle et modèle, c’est vivre sous la conduite de l’Esprit Saint pour conserver « dans leur pureté virginale une foi intègre, une ferme espérance, une charité sincère », comme le dit le concile (Lumen Gentium n° 64).
Sans le Saint-Esprit nous ne pouvons rien faire ! Notre bon et saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney ne cessait de le répéter à ses paroissiens, je le cite : « Sans le Saint-Esprit, nous sommes comme une pierre du chemin. Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau et dans l’autre un petit caillou ; pressez-les également ; il ne sortira rien du caillou et de l’éponge vous ferez sortir l’eau en abondance. L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint-Esprit, et le caillou, c’est le cœur froid et dur où le Saint-Esprit n’habite pas. » St Jean-Marie Vianney ajoute : « C’est le Saint-Esprit qui forme les pensées dans le cœur des justes et qui engendre les paroles dans leur bouche. Ceux qui ont le Saint-Esprit ne produisent rien de mauvais ; tous les fruits du Saint-Esprit sont bons... Quand on a le Saint-Esprit, le cœur se dilate, se baigne dans l’Amour divin. Il faudrait dire chaque matin : « Mon Dieu, envoyez-moi votre Esprit qui me fasse connaître ce que je suis et ce que vous êtes. »

Oui, Notre Dame, depuis 20 siècles, l’Esprit ne se lasse pas de venir frapper à nos portes verrouillées par le péché, par la peur, par l’inquiétude comme celle des Apôtres au soir de la résurrection. De même qu’il souffla sur eux, il souffle ce soir sur chacun de nous comme on souffle sur un meuble recouvert de poussière.

Oui, Marie, puissent les fêtes célébrées en votre honneur dépoussiérer nos vies et nous révéler la présence de l’Esprit qui unit le Père et le Fils en nous comme en vous. A votre suite, dans l’Esprit Saint, nous sommes tous choisis pour porter Jésus en nous et le mettre au monde, en devenant ses témoins joyeux et courageux.

Alors, Vierge Marie, que notre cœur continue de brûler à l’écoute de la parole du Seigneur Jésus et lors du partage de l’eucharistie comme il brûle depuis dimanche avec vous. Par votre intercession, que nous le reconnaissions à la fraction de son pain de vie, que nous devenions son corps, que nous devenions son Eglise qui proclame à tous : « C’est vrai, le Seigneur est ressuscité ! »

Notre Dame, notre ancien pasteur, Mgr Garnier qui vous aimait beaucoup, ne cessait de nous inviter à nous laisser gagner par l’expérience pascale des Apôtres. Ceux qui nous côtoient ne pourront être touchés par la parole de Jésus que s’ils voient nos communautés délivrées des peurs, des jalousies, des découragements et des mesquineries. Vivement le temps où chaque habitant de nos paroisses valenciennoises pourra dire en nous voyant : « Voyez comme il s’aiment, voyez comme ils prient, voyez comme ils servent. »

Mais, Notre Dame, ne sommes nous pas encore trop souvent une Eglise tiède, timide, frileuse et surtout infidèle ?

Sainte Vierge Marie, il est vrai que nous avons parfois mal à notre Eglise. D’abord parce que nous l’aimons, d’abord parce qu’elle est notre mère. Sans l’Eglise, Marie, nous n’aurions jamais entendu parler de vous, nous n’aurions pas connu le Christ et son Evangile. Oui, l’Eglise est notre mère et vous en êtes sa mère : à propos de mères, il nous faut rendre grâce pour nos mamans déjà au ciel avec vous ! Elles avaient tant de qualités mais elles avaient aussi leurs défauts qui pouvaient nous faire souffrir. En revanche, jamais nous n’aurions permis à qui que ce soit de critiquer notre maman et quand cela arrivait, nous la défendions y compris avec ses défauts, ses erreurs, simplement parce qu’elle était notre maman. Il en est de même pour l’Eglise : si depuis 10 ans, nous sommes accablés par les crimes de certains de ses ministres les plus éminents, l’Eglise demeure notre mère…

Souvent dans le déchaînement médiatique contre l’Eglise en bloc, nous ressentons un profond sentiment d’injustice. Injustice par rapport à notre défunt pape François qui a dénoncé sans cesse la violence et les conflits dans le monde ainsi que les crimes et les hypocrisies dans l’Eglise. Nous ressentons aussi de l’injustice pour les millions de laïcs, prêtres, diacres, religieuses qui bossent jour et nuit auprès des plus pauvres de tout, à commencer ici avec le Secours Catho, St Vincent de Paul, Magdala, les aumôneries d’hôpital etc. Plus du quart des organismes qui sont aux côtés des malades du sida, des femmes battues ou des enfants violés et martyrisés dans le monde sont des organismes catholiques. Et c’est notre humble fierté ! Vierge Marie, comme vous l’avez fait auprès d’Elisabeth ou à Cana, notre première mission comme fils et filles de l’Eglise n’est elle pas d’être aux côtés de tous les blessés de la vie ?

Mais ce n’est pas facile, Vierge Marie ! Comment l’Eglise peut-elle inviter à un idéal d’amour et de fidélité, source de salut, sans donner l’impression dévastatrice de condamner celles et ceux qui ne parviennent pas à vivre cet idéal… Souvenons-nous que c’est pour les pécheurs et non pour les justes que Christ est venu. Par votre intercession, notre premier travail de baptisés sera d’abord de sauver au nom de Jésus tout ce qui est contraire à l’Evangile en nous et autour de nous.

Heureusement l’Esprit Saint veille ! Le baptême et la confirmation de nombreux catéchumènes depuis 3 ans dans cette paroisse, notre diocèse et partout en France réveillent notre baptême et viennent réparer nos oublis, nos reniements, nos lâchetés ou nos routines y compris religieuses. Merci à eux de nous permettre de recevoir l’Esprit de Jésus avec vous ce soir. Merci à eux de rejoindre notre Eglise et de lui permettre de devenir plus priante, plus aimante, et donc plus crédible… Puissions-nous les accueillir avec le meilleur de nous-mêmes. Puissions nous leur donner leur place et être sans cesse les bons accompagnateurs de leurs existences. Puissions-nous les accompagner avec toutes leurs richesses pour aller à la rencontre de celles et ceux qui attendent une parole, un regard et un souffle d’Amour au nom de Jésus. Soyons avec eux des apôtres de la miséricorde de Dieu, des pèlerins d’espérance…

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Jean-Marie LAUNAY

Prêtre du diocèse de Cambrai

Publié: 01/06/2026