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La lumière vivante d’une flamme

Isa, tu as remarqué que des gens, en venant prier à l’église, apportent des cierges et les font brûler, et tu aimerais connaître les raisons et l’origine de cette coutume.

L’encyclopédie catholique Théo nous relate que, si l’Eglise catholique fait un abondant usage de cierges ou de lampes, c’est parce que, pour elle, la lumière est signe de fête, de joie et aussi de respect. La lumière vivante d’une flamme symbolise la prière qui cherche à monter vers Dieu dans la nuit. Elle rappelle le Christ "Lumière pour éclairer les nations" (Lc 2,32).

L’utilisation de la lumière lors de célébrations chrétiennes et, en général, dans les églises n’est pas une idée neuve. Déjà, l’Ancien Testament rappelle que, dans le Temple de Jérusalem, considéré comme le lieu de la présence de Dieu, se trouvait un candélabre à sept branches où des lampes à huile brûlaient perpétuellement (Ex 25, 3-40). Le Nouveau Testament atteste qu’à certaines célébrations chrétiennes, il y avait beaucoup de lumière (Ac 20,8), mais il est difficile de savoir si ces lumières avaient une fonction symbolique car les célébrations se déroulaient de nuit.

Dès le troisième siècle, les prières et les témoignages sur l’utilisation de la lumière se multiplient. L’Eglise, par l’utilisation des cierges, de la lumière, a voulu marquer la dignité du pape, puis des autres évêques, puis des prêtres allant célébrer la messe. Et ce n’est, petit à petit, que les cierges sont restés une décoration permanente sur les autels.

Théo nous renseigne aussi au sujet de la lampe du sanctuaire qui ne fut authentifiée qu’à partir du treizième siècle. Cette lampe est allumée perpétuellement devant un tabernacle pour indiquer que là se trouve le saint sacrement et nous inviter au respect et à la prière.

Le cierge pascal, lui, est allumé solennellement dans la nuit dans toutes les paroisses de la terre chaque année pendant la vigile pascale. C’est un grand cierge sur lequel sont gravés le millésime de l’année en cours, une croix et les lettres alpha et oméga, première et dernière de l’alpha grec : "le commencement et la fin". Au moment où le cierge va être allumé, toutes les lumières sont éteintes. Une grande émotion vibre dans cette obscurité. Cette lumière qui va s’allumer symbolise la présence vivante du Christ dans l’église. Le cierge est alors acclamé au cri de "Lumière du Christ", et est placé dans le chœur de l’église où il restera jusqu’à l’Ascension".

Il y a trois jours, à travers Internet, j’ai lu un message du webmaster de la cathédrale de Rouen, texte que je recopie :

Allumer un cierge, c’est un acte de dévotion. Il ne s’agit pas d’un geste magique pour obtenir telle ou telle faveur, mais d’un véritable prolongement de la prière. Le temps que le cierge brûle, c’est notre présence qui veut se prolonger, même si nous ne sommes plus là physiquement. C’est dire aussi que la prière dépasse nos simples mots.

Moi, quand j’entre dans une église, la vue de petites flammes qui s’élèvent de tous les cierges est une invitation à y pénétrer pour y prier. Je sens monter en moi, très fort, un appel à la prière, un élan vers Dieu... comme une larme qui ne veut pas couler.

Et j’ajoute un cierge, mon cierge. Quelle est la signification que j’y attache ! Cette flamme vacillante, toute petite, toute menue, est l’emblème même de ma prière - faible, insignifiante, mais tenace. Elle semble me dire : « Je suis là pour toi. Je reste au pied de cet autel, devant cette statue et je te représente. Va. Va rejoindre le monde qui t’appelle. Moi, je reste. Je reste et je suis toi. Pour toi, je veille. Je te représente priant au pied de cet autel. Je porte ta prière devant l’autel ou je demande à ce saint devant qui tu l’as déposée de porter ta prière devant Dieu... d’intercéder pour toi auprès de Dieu. »

Parfois, j’achète des paquets entiers de bougies et je les allume toutes. Je les allume les unes après les autres et, ce faisant, je prie. Autant de bougies allumées, autant de fois que je dis à Dieu que je l’aime. C’est ma façon à moi d’être présente, adoratrice perpétuelle au pied de l’autel.

Très souvent, l’église d’une paroisse reste vide. Quand on y entre, on est saisi par le silence, un silence profond, car rien ne vient troubler le calme des lieux. On y sent la présence de Dieu, d’un Dieu solitaire qui attend, attend et parfois ne voit personne venir. Personne ! Pas exactement parce que chacune des bougies allumées lui dit : « Non, Tu n’es pas seul. Il y a quelqu’un qui t’adore et qui est venu te voir. Il n’a pas pu rester mais il t’a laissé un signe de sa présence, de son attachement. Il t’a laissé une lumière comme symbole de son passage. Tu n’es pas seul, Dieu. Près de ton autel, il y a cette petite bougie, cette petite flamme. Quelqu’un t’a dit ce matin, à midi ou à un moment de la journée : “Je suis là. Même si je ne puis être corporellement devant toi, je suis là. Je ne veux pas que tu restes seul. Je reste auprès de toi Je t’aime.” »

Bonne nuit, Isa. Que Dieu te garde !

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M.J. Arlette ORIAN

Ancienne directrice d’une école de secrétariat à l’île Maurice

(re)publié: 01/10/2021
1ère public.: 30/11/1998