32e dim. ordinaire (8/11) : Pistes pour l’homélie
Piste 1
Il est fort probable que cette histoire des « Vierges folles » nous la connaissions tous. Nous en connaissons même la morale, il s’agit d’être prévoyant, de se tenir prêt, la mort peut nous surprendre quand nous nous y attendons le moins.
Si le message de Jésus ne va pas plus loin, on peut dire que cette parabole des jeunes filles prévoyantes ne dit rien de plus que la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi » : « La cigale ayant chanté tout l’été se retrouva très dépourvue lorsque la bise fut venue. »
Pour comprendre en profondeur le message de Jésus, il est donc important de découvrir la symbolique qu’il contient.
Jésus nous parle de l’huile. Or à cette époque plus encore qu’aujourd’hui, l’huile autant que le pain et le vin est une denrée essentielle pour la vie des Palestiniens. L’huile servait sans doute à éclairer mais était aussi un médicament - rappelez-vous le bon Samaritain qui panse les plaies du blessé de la route en versant de l’huile. Naturellement elle servait dans la nourriture mais aussi pour oindre les rois.
Tout au long de la Bible, l’huile tient une place essentielle. Elle symbolise beaucoup de choses : l’apaisement, la prospérité, la force et l’amitié, la joie et la fidélité. L’huile pénètre la peau, on s’en sert pour masser. Elle est le signe de ce que l’on a au fond de soi, elle est le symbole de ce que l’on est au plus profond.
Quand donc la parabole nous dit que les 5 jeunes filles ont laissé éteindre leur lampe, qu’elles n’ont plus d’huile, cela signifie qu’elles n’attendent plus l’époux, leur esprit et leur cœur sont ailleurs. Elles ont perdu leur enthousiasme et leur attachement.
Si les autres ne leur donnent pas de leur huile, ce n’est pas par égoïsme mais tout simplement parce que l’on ne peut pas prendre ce que l’on est pour le donner aux autres.
Ceci montre bien que l’exhortation de Jésus : « Gardez vos lampes allumées » ne concerne pas notre vie future, notre vie pour l’au-delà, mais il nous ramène au présent de notre quotidien.
Ou pour le dire en langage clair, Jésus nous demande d’être vigilants non pas pour nous assurer des lendemains prometteurs, mais un aujourd’hui heureux. Etre vigilant, ce n’est pas être comme un soldat ou un veilleur de nuit qui doit rester éveillé ; c’est être comme une fiancée qui est toujours prête à se laisser surprendre par son fiancé. Veiller ce n’est pas mettre des bouts d’allumettes dans les yeux pour qu’ils restent ouverts ; c’est garder intact son enthousiasme et s’efforcer de vivre la proximité avec l’essentiel : la joie, la fraternité, la justice et la vérité.
Notre huile, comme pour la voiture, c’est le carburant que nous avons dans le réservoir de notre cœur, ce qui fait avancer, ce qui nous porte, nous fait agir et nous fait vivre.
Piste 2
En quoi donc, ces 5 jeunes filles dites sages, qui ne veulent pas prêter un peu de leur huile aux autres sont-elles un modèle ? Ne sont-elles pas plutôt un modèle d’égoïsme ?
En fait, je pense que c’est une erreur de croire que le but de la parabole soit de nous présenter ces jeunes filles comme modèles. Jésus veut simplement nous parler du Royaume : « Le Royaume, dit-il, est comparable à 10 jeunes filles, qui ont une lampe allumée. » Et toutes les 10, sages comme folles, s’endorment en attendant. Elles ne sont pas plus vaillantes les unes que les autres. Il n’y a que leur petite flamme qui veille et scintille.
Or nous savons que la flamme est le symbole de l’amour. Ne dit-on pas, « avoir le cœur brûlant d’amour, ou déclarer sa flamme, avoir le cœur qui s’enflamme ». Or c’est justement à une fête de l’amour qu’elles sont conviées, une noce, une alliance. Mais l’attente est longue, « loin des yeux loin du cœur », chez certaines la flamme commence à vaciller au risque de s’éteindre.
Très vite elles en prennent conscience et demandent un peu de carburant aux autres. Mais ce n’est pas possible car la flamme de l’amour ne se prête pas. Il faut soi-même faire la démarche, l’amour ne s’improvise pas, ne se commande pas le jour où on en a besoin. L’amour se construit lentement, il exige l’attention, la vigilance de chaque instant et personne ne peut le vivre à ma place.
Il n’y a de Royaume que là où il y a une flamme brûlant d’amour.
On a essayé de nous faire peur en nous faisant croire que pour l’arrivée de l’époux, il fallait « être en règle, être en ordre » !
Ceci me fait penser à cette personne à qui je venais rendre visite. C’était évidemment à l’improviste. J’avais mal choisi le moment. La table du petit déjeuner n’était pas encore débarrassée, la lessive séchait tant bien que mal un peu partout dans la maison, les journaux de la veille étaient éparpillés, le seau, le torchon… enfin vous voyez le tableau… ! Cela arrive naturellement à tout le monde. Notre maison n’est pas un musée mais un lieu de vie !
Au lieu de s’excuser et de venir parler avec moi – de toute façon j’avais vu le désordre, il était trop tard – elle se mit à mettre de l’ordre, ranger, ramasser, essuyer… et quand elle vint pour parler, le temps était passé, c’était l’heure pour moi de repartir.
Finalement je n’ai vu qu’une personne embarrassée qui a voulu se mettre en règle, en ordre, remplir son devoir de ménagère, mais c’était trop tard, la rencontre était ratée !
N’en va-t-il pas souvent de même avec le Seigneur ? Il faut être prêt à le rencontrer à l’improviste. Naturellement il est préférable d’être en ordre, d’être en règle, mais même si ce n’est pas le cas, l’important c’est de s’excuser, demander pardon mais au moins être disponible, heureux de le rencontrer.
« Je suis passé chez toi, dit le Seigneur, pour t’apporter du bonheur, pour faire la fête et je n’ai vu que quelqu’un de soucieux d’être en règle. Je suis passé chez toi comme un étranger et tu croyais que j’allais manger ton pain. Je suis passé chez toi pour te demander un petit service mais tu étais tellement occupé, j’ai voulu croiser ton regard mais il était ailleurs et tu ne m’as pas remarqué… »
Oui, le Seigneur vient à l’improviste, ne l’attendons pas pour la fin de nos jours car il vient chaque jour et nous ne pourrons le rencontrer qu’à la seule condition : « Que notre lampe soit allumée et notre flamme soit scintillante. »

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.
- 32e dim. ordinaire (8/11) : Prières pour la célébration
- 30e dim. ordinaire (25/10) : Pistes pour l’homélie
- 28e dim. ordinaire (11/10) : Un Credo
- 28e dim. ordinaire (11/10) : Prière eucharistique « Invitation aux noces »
- 27e dim. ordinaire (4/10) : Prières pour la célébration
- 30e dim. ordinaire (25/10) : Prière eucharistique « La loi d’amour »
- 29e dim. ordinaire (18/10) : Prières pour la célébration
- 32e dim. ordinaire (8/11) : Prière eucharistique « Notre lampe allumée »
- 28e dim. ordinaire (11/10) : Pistes pour l’homélie
- 32e dim. ordinaire (8/11) : Un Credo
- 29e dim. ordinaire (18/10) : Prière eucharistique « À l’image de Dieu »
- 30e dim. ordinaire (25/10) : Prières pour la célébration
- 27e dim. ordinaire (4/10) : Un Credo
- 28e dim. ordinaire (11/10) : Prières pour la célébration
- 27e dim. ordinaire (4/10) : Prière eucharistique « Au Dieu qui nous chérit »
- 29e dim. ordinaire (18/10) : Pistes pour l’homélie
- 30e dim. ordinaire (25/10) : Un Credo
- 27e dim. ordinaire (4/10) : Pistes pour l’homélie
- 29e dim. ordinaire (18/10) : Un Credo

https://portstnicolas.org/article5308