La Trinité (Jn 14, 7-14)
Nicoletto Semitecolo (actif de 1353 à 1370) c. 1370, tempera sur panneau, 30 x 40 cm. Cathédrale de Padoue
« Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. » Bien que Jésus ait souvent parlé à ses disciples du lien qui l’unit au Père, ces paroles prononcées alors qu’Il entre dans sa Passion ont dû leur sembler bien énigmatiques. Jésus atteste qu’Il n’a pas vécu, parlé et agi pour lui, mais pour Celui qui l’a envoyé. En annonçant sa mort comme un « départ vers le Père » (cf. ), Jésus donne sens à la croix toute proche.
Sur ce petit panneau, Semitecolo essaie d’exprimer ce lien unique entre Jésus et son Père. Sa plus belle réussite est la correspondance des mains du Père avec celles du Fils, signes émouvants d’une volonté commune. En donnant au Père la même position que celle du Fils, Il lui attribue la place de la croix. L’œuvre n’insiste pas sur la crucifixion comme supplice, mais comme révélation finale du chemin de Jésus vers le Père.
Au XIVe siècle, la spiritualité italienne est peu marquée par la mystique du sentiment qui se développe peu à peu dans les pays nordiques. L’œuvre, frontale, d’une froide solennité, ne cherche pas à nous émouvoir par la vision du corps supplicié du Christ. Celui-ci est beau, lisse, à peine marqué par les blessures des clous et de la lance. Le visage n’est pas marqué par la souffrance, et une riche auréole l’entoure, écho de celle du Père. La nudité du Christ souligne la majesté simple des vêtements du Père. Son sobre manteau, d’un bleu somptueux, l’enveloppe comme un ciel divin. Sans cesse, notre regard est invité à aller de l’un à l’autre.
C’est une image théologique qui nous est proposée, affirmant l’égale majesté divine du Père et du Fils. La colombe de l’Esprit Saint, peinte avec discrétion, est presque effacée par l’usure des siècles. Placée à la hauteur de la bouche du Père, elle exprime que le Christ est la parole divine incarnée. Descendant sur Jésus comme au jour de son baptême, elle porte au monde le message du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » ()
« Afin que le Père soit glorifié dans le Christ. »
Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.
- Mater Dolorosa (1953) - Michel Ciry (1919-2018)
- Moïse présentant les tables de la loi, de Philippe de Champaigne (vers 1648).
- Jésus devant Pilate (1566-1567) - Tintoret
- Apparition du Christ aux apôtres
- La libération des apôtres
- Fête de l’Annonciation du Seigneur
- Le Christ et St Thomas
- La résurrection de Lazare, de Jacob Willemsz de Wet l’Ancien (c. 1610-c. 1675-1691, Haarlem)
- L’Ascension
- « Il leur ouvrit les Ecritures »
- La multiplication des pains
- Le Bon Berger
- Jésus et Nicodème
- François d’Assise réconforté par un ange
- Paul et Silas en prison
- Le Père ressuscite Jésus (Ac 13, 26-33)
- Les Saintes Femmes au tombeau
- Le Buisson Ardent
- L’enfant Jésus jouant avec un clou
- La conversion de saint Paul
- Emmaüs
- Sainte Véronique, c. 1580 - Le Greco (1541-1614)
- Etienne
- Le pharisien et le publicain
- La résurrection de Tabitha (Ac 9, 31-42)
- Retable d’Issenheim
- Le Christ vainqueur
- La Mise au Tombeau
- Salvator Mundi (c. 1516-18) - Joos Van Cleve (c. 1485- 1540-41)
- Le serpent d’airain

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