Mater Dolorosa (1953) - Michel Ciry (1919-2018)
Huile sur toile, 150 x 130 cm.
Assise, elle attend. Ou peut-être n’attend-elle plus rien, mère de douleur épuisée après l’inique procès de son enfant unique, son supplice et son ensevelissement en hâte.
Digne, elle se tient droite. Vêtue de nuit, vieillie, comme toute l’humanité qui a laissé mourir celui qui était sa jeunesse, elle porte en elle tous les souvenirs de ces dernières heures.
Le mur derrière elle est comme aspergé de sang. Une croix s’y dessine, discrète.
Comment oublier le corps flagellé, crucifié, le sang offert en spectacle aux hommes avides de violence ?
Mais ce n’était pas un spectacle. C’était son enfant. L’enfant qu’elle a bercé autrefois de ses mains douces de jeune mère.
Celles-ci sont maintenant démesurées. Il y a quelques heures, elles ont bercé une dernière fois l’enfant devenu adulte, nu comme à sa naissance. Elles en ont gardé la couleur du sang.
Hébétée, Marie serre les lèvres. Courageuse tentative pour ne pas pleurer, ou silence devant le mystère douloureux.
Autrefois elle avait répondu oui à son Seigneur qui promettait le Salut. Aujourd’hui, sa bouche est close. Dieu pourrait-il demander à une mère d’acquiescer au meurtre de son enfant ?
Son regard nous échappe. Voit-elle plus loin que nous ? Pressent-elle que les paroles et les gestes de son Fils vont porter fruit ? Comme ses amis, comme Marthe, la sœur de Lazare, croit-elle que bien sûr, la résurrection adviendra, mais au dernier jour ?
Le secret de son cœur a pris une nouvelle dimension, douloureuse comme jamais. L’ange lui avait promis que son Fils serait grand, qu’il règnerait sans fin. Maintenant qu’il est mort, « Comment cela va-t-il se faire » ? N’est-il vraiment rien d’impossible à Dieu ? (cf. )
Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.
- La résurrection de Lazare, de Jacob Willemsz de Wet l’Ancien (c. 1610-c. 1675-1691, Haarlem)
- La conversion de saint Paul
- Paul et Silas en prison
- Sainte Véronique, c. 1580 - Le Greco (1541-1614)
- Le pharisien et le publicain
- Moïse présentant les tables de la loi, de Philippe de Champaigne (vers 1648).
- La prophétesse Anne lisant la Bible (1631), de Rembrandt (1606-1669)
- L’enfant Jésus jouant avec un clou
- Emmaüs
- Le centurion de Capharnaüm, de Paolo Véronèse
- L’Ascension
- Résurrection (Issenheim)
- Le Christ sortant du Tombeau
- La Trinité (Jn 14, 7-14)
- La piscine de Bethzatha, de Jacopo del Sellaio (1442-1493)
- La guérison de l’aveugle né
- La compassion du Père
- Les Saintes Femmes au tombeau
- La femme adultère (Jn 8, 1-11) - Lorenzo Lotto (1480-1556)
- Le couronnement de la Vierge Marie
- La Sainte Famille à l’oisillon, de Murillo (vers 1650)
- Le Bon Pasteur
- François d’Assise réconforté par un ange
- Jésus devant Pilate (1566-1567) - Tintoret
- Le Bon Berger
- Retable d’Issenheim
- Le Christ et St Thomas
- Le baptême de l’eunuque (Ac 8, 26-40)
- Le Paradis terrestre
- La vendange mystique

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