Le Père ressuscite Jésus (Ac 13, 26-33)
Livre d’heures du Maître de Dunois, c. 1439-1450. Londres, British Library.
Inlassablement, avec d’infinies nuances traduisant une théologie encore à ses débuts, les Actes des Apôtres répètent le kérygme, première expression concentrée d’un Credo. « (…) Sans avoir trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont demandé à Pilate de supprimer Jésus. Et, après avoir accompli tout ce qui était écrit de lui, ils l’ont descendu du bois de la croix et mis au tombeau. Mais Dieu l’a ressuscité des morts. » Dans l’histoire de la pensée, on a parfois oublié ce rôle du Père, laissant penser que le Christ « s’était ressuscité » pour prouver sa divinité. Mais la divinité de Jésus ne peut être isolée. Elle est fondamentalement unie à celle du Père, comme le Nouveau Testament ne cesse de l’affirmer.
Ce livre d’heures de la fin du Moyen-Age offre une luxueuse méditation sur la Passion et la Résurrection de Jésus. Typique de la Devotio moderna alors en vogue, elle aide surtout à contempler la souffrance du Christ et à y compatir. Mais elle guide discrètement le fidèle vers la célébration de sa Résurrection.
Nous retrouvons tout le chemin de Jésus, depuis la trahison de Judas rappelée par les deniers épars en bas de la page, les instruments du supplice, l’échelle et les tenailles qui permirent de descendre le corps de la croix, jusqu’au tombeau, avec Marie et Jean en pleurs. La mort de Jésus n’est pas une illusion, mais une réalité. Réalité de l’histoire, réalité pour la foi.
C’est précisément la foi qui ouvre un chemin : le Père, représenté selon les codes de l’époque, en vieillard mitré vêtu de ciel, tire le Fils du tombeau l’attirant contre son cœur. Il souffle sur lui son Esprit de vie, comme jadis il le fit sur Adam. C’est le Père qui ressuscite Jésus par son Esprit, en une nouvelle naissance rappelant le psaume : « Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » ()
Au matin de Pâques, le Père répond aux paroles de Jésus, qui manifestaient son lien de communion au Père.
Dans la Passion, le Père pouvait sembler avoir abandonné le Fils.
Dans sa résurrection, la mort devient vie, l’impasse devient un nouveau chemin, et la Vérité du Père uni au Fils dans l’Esprit resplendit à la face du monde.
Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.
- La libération des apôtres
- La Trinité (Jn 14, 7-14)
- La conversion de saint Paul
- Le pharisien et le publicain
- Le Bon Pasteur
- Résurrection - Arcabas (1926-2018)
- Fête de l’Annonciation du Seigneur
- La Sainte Famille à l’oisillon, de Murillo (vers 1650)
- Mater Dolorosa (1953) - Michel Ciry (1919-2018)
- Résurrection (Issenheim)
- Fête de saint Joseph - La fuite en Egypte, Arcabas (1926-2018)
- Le Christ et St Thomas
- Etienne
- Jésus devant Pilate (1566-1567) - Tintoret
- Femme, pourquoi pleures-tu ?
- Le baptême de l’eunuque (Ac 8, 26-40)
- La prophétesse Anne lisant la Bible (1631), de Rembrandt (1606-1669)
- Sacré Cœur crucifié (1894) - Maurice Denis (1870-1943)
- Les premiers pas sur la terrasse de Fiesole c. 1898. Maurice Denis (1870-1943)
- Le Buisson Ardent
- Paul et Barnabé à Lystres
- La compassion du Père
- Sainte Véronique, c. 1580 - Le Greco (1541-1614)
- La guérison de l’aveugle né
- L’entrée du Christ à Jérusalem
- Le Christ sortant du Tombeau
- Paul et Silas en prison
- Le couronnement de la Vierge Marie
- La piscine de Bethzatha, de Jacopo del Sellaio (1442-1493)
- Le Bon Berger

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