13e dimanche du temps ordinaire A

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

1. « Celui qui aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » Paroles fracassantes qui interrogent. Jésus met en cause les liens les plus profonds de notre humanité, ceux du sang. On observe pourtant que Jésus a toujours fait grande place à ces liens familiaux fondamentaux. Il a appelé à lui les enfants pour les bénir et proposer à ses disciples leur confiance comme exemple à suivre. N’a-t-il pas défendu avec force l’indissolubilité du mariage : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » ? Il a condamné ceux qui, sous prétexte de faire un don au Temple, négligeaient l’assistance à leurs parents. Son dernier commandement n’est-il pas « Aimez-vous les uns les autres » ? Alors qu’a donc voulu nous dire Jésus ? Pour comprendre il faut remonter aux origines de cet évangile de Matthieu.

2. Lorsque qu’il a été écrit, dans les années 80, la communauté chrétienne à laquelle s’adresse Matthieu, constituée majoritairement de Juifs convertis, passe par des crises. La première dut venir au sein des familles. Changer de religion a toujours été un motif d’incompréhension, de rejet, voire de persécution. Jésus avait connu cela. Il s’est vu rejeté de la synagogue de son village natal. Il y eut certainement des retours en arrière pour obtenir la paix des familles. Les plus zélés des disciples ont alors réagi. Ils ont mis dans la bouche de Jésus ce qu’eux-mêmes avaient choisi, celui de lui rester attaché, fusse au prix de ruptures avec leurs plus proches. L’apôtre Paul, le plus missionnaire de tous les Apôtres, énumère un longue liste de toutes les oppositions rencontrées. Il n’entra pas dans une ville sans en être chassé par ceux qu’il dérangeait. Par ailleurs dans les années 70, sous Néron, les chrétiens connurent les premières persécutions. Tout pouvoir, hier comme aujourd’hui, réprime toute contestation. On ne supporta pas que les chrétiens refusent de rendre un culte à César, considéré comme un demi-dieu. Faire un autre choix était synonyme de rébellion, un facteur de division. Des chrétiens revinrent en arrière. D’autres allèrent jusqu’à la perte de la vie

3. Les paroles que Matthieu met dans la bouche de Jésus sont pourtant chargées d’un autre sens que celui d’une mise en demeure. Elles sont appel. Un appel à regarder plus haut, plus loin que nos horizons terrestres. De ces horizons terrestres, il en avait vu les limites l’auteur du livre de Qohèleth, lorsqu’il écrit : « Vanité des vanités, tout est vanité. Quel profit y a-t-il pour l’homme de tout le travail qu’il fait sous le soleil ?... Ce qui a été sera, ce qui a été fait c’est ce qui se fera : rien de nouveau sous le soleil !... Je déteste la vie ! » . Les sciences savent répondre au comment de notre commencement. Mais elles ne peuvent répondre à son pourquoi. Un ouvrage ancien s’intitulait : « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? » La réponse à ces questions, l’auteur l’a trouvée dans la prière confiée par Jésus à ses disciples : « Notre Père qui es aux cieux » . Le nom de Père apparaitra 110 fois dans la bouche de Jésus rien que selon l’évangéliste Jean. « Notre Père qui est aux cieux. » Il faut nous arrêter quelques instants après avoir prononcé ces mots. Jésus vient de nous dire que nous appartenons à une autre famille que celle de la terre. Du jamais entendu. Toutes les religions ont tenté de présenter un futur à l’homme mortel. Mais il est glacial, ce nirvana hindouiste, bouddhiste, cette fusion avec le vide. Il fait peur ce Dieu qui ne cesserait de menacer de mort éternelle ceux qui ne pratiquent pas ses commandements. D’avoir entendu de la bouche de Jésus « le Père vous aime » a fait de ses disciples des missionnaires de l’Amour, celui qui s’écrit avec un grand A parce qu’il vient d’en-haut. Ce père attendait dans l’inquiétude le retour de son fils parti trouver le bonheur ailleurs et se jette à son cou en le voyant revenir. Le poète Charles Péguy ajoute que c’est encore lui qui pleura le plus.


Méditation

"Je suis leur père, dit Dieu. Notre Père, qui êtes aux Cieux.
Mon fils le leur a assez dit, que je suis leur père.
Notre Père, qui êtes aux Cieux.
Celui qui a été une fois père ne peut plus être que père.
Ils sont les frères de mon fils ; ils sont mes enfants ; je suis leur père.
Notre Père, qui êtes aux Cieux, mon fils la leur a enseigné cette prière.
Sic ergo vos orabitis. Vous prierez donc ainsi.
Notre Père, qui êtes aux Cieux, il a bien su ce qu’il faisait ce jour-là, mon fils qui les aimait tant.
Qui a vécu parmi eux, qui était un comme eux.
Qui allait comme eux, qui parlait comme eux, qui vivait comme eux.
Qui souffrait. Qui souffrit comme eux, qui mourut comme eux.
Et qui les aime tant les ayant connus.
Il a bien su ce qu’il faisait ce jour-là, mon fils qui les aime tant.
Quand il a mis cette barrière entre eux et moi, Notre Père, qui êtes aux Cieux, ces trois ou quatre mots.
Cette barrière que ma colère et peut-être ma justice ne franchira jamais.
Heureux celui qui s’endort sous la protection de l’avancée de trois ou quatre mots.
Ces mots qui marchent devant toute prière comme les mains du suppliant marchent devant sa face.
Comme les deux mains jointes du suppliant s’avancent devant sa face et les larmes de sa face.
Ces trois ou quatre mots qui me vainquent, moi l’invincible.
Et qu’ils font marcher devant leur détresse comme deux mains jointes invincibles.
Ces trois ou quatre mots qui s’avancent comme un bel éperon devant un pauvre navire. Et qui fendent le flot de ma colère.
Et quand l’éperon est passé, le navire passe, et toute la flotte derrière……
Notre Père, qui êtes aux Cieux, mon fils a très bien su s’y prendre.
Pour lier les bras de ma justice et pour délier les bras de ma colère…..
Notre Père, qui êtes aux Cieux.
Evidemment quand un homme a commencé comme ça.
Quand il m’a dit ces trois ou quatre mots.
Quand il a commencé par faire marcher devant lui ces trois ou quatre mots.
Après il peut continuer, il peut me dire ce qu’il voudra.
Vous comprenez, moi, je suis désarmé. Et mon fils le savait bien
Qui a tant aimé les hommes."

Charles Péguy (Le porche du mystère de la deuxième vertu)

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Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.

Publié: 28/06/2026